Un dossier client, un dossier salarié ou un litige contiennent presque toujours des données personnelles. Dès que vous les confiez à un prestataire (hébergeur, éditeur de logiciel, infogérant, service d'envoi d'e-mails), celui-ci devient en principe votre sous-traitant au sens du RGPD. Vous restez responsable de ce qu'il fait des données : autant bien le choisir et bien l'encadrer.
Qui est responsable, qui est sous-traitant ?
La CNIL résume la distinction ainsi : le responsable du traitement décide pourquoi et comment les données sont utilisées ; le sous-traitant les traite pour son compte, sur ses instructions. Un éditeur qui héberge vos dossiers dans son logiciel est typiquement un sous-traitant. S'il fait lui-même appel à un autre prestataire, celui-ci est un sous-traitant ultérieur.
Ce qu'impose l'article 28
Vous ne pouvez recourir qu'à un sous-traitant offrant des garanties suffisantes. La relation doit être encadrée par un contrat, ou un autre acte juridique, qui prévoit notamment :
- un traitement uniquement sur instruction documentée de votre part ;
- la confidentialité des personnes autorisées à accéder aux données ;
- les mesures de sécurité exigées par l’article 32 ;
- votre autorisation écrite préalable avant tout recours à un autre sous-traitant, avec information en cas de changement si l’autorisation est générale ;
- l’aide apportée pour répondre aux droits des personnes et pour la sécurité ;
- la suppression ou le renvoi des données à la fin de la prestation ;
- la mise à disposition des informations utiles et la possibilité d’audits.
La CNIL présente des clauses contractuelles types qui reprennent ces mentions ; elles ne sont pas obligatoires si le contrat contient déjà tous les éléments requis.
Une sécurité adaptée au risque
L'article 32 ne dresse pas une liste unique de techniques : il exige un niveau de sécurité adapté au risque, en citant par exemple le chiffrement, la confidentialité, l'intégrité, la disponibilité et des tests réguliers. Pour passer à la pratique, le guide de la sécurité des données personnelles de la CNIL (édition 2024) sert de référence : authentification, habilitations, traçabilité, sauvegardes, sous-traitance.
Les bons réflexes
- Avant de signer, demander le contrat de sous-traitance et la liste des sous-traitants ultérieurs.
- Savoir où les données sont hébergées et, si elles quittent l’Union européenne, comment le transfert est encadré.
- Limiter les accès : un compte nominatif par personne, des droits réduits au nécessaire, retirés au départ.
- Prévoir la fin du contrat : restitution des données, puis suppression.
Un exemple concret
Exemple fictif. Un cabinet d'expertise comptable confie à un prestataire informatique la maintenance du serveur où sont stockés les dossiers de ses clients. Le prestataire accède aux données pour le compte du cabinet : c'est un sous-traitant. Le cabinet lui fait signer un contrat reprenant les mentions de l'article 28, lui ouvre un compte nominatif limité à la maintenance, et prévoit qu'à la fin du contrat toute copie détenue par le prestataire sera supprimée.
Et chez ClairDossier ?
Ce que nous affirmons est détaillé et daté sur notre page Sécurité : pièces stockées dans un espace privé et accessibles par liens temporaires, isolation des comptes appliquée en base, échanges en HTTPS et chiffrement au repos côté hébergeur. Notre registre des sous-traitants y est publié, et les points encore à confirmer, comme la région d'hébergement de la base de données, y sont signalés comme tels. La plateforme ne lit pas vos documents.
Sources officielles
- RGPD, chapitre 4 — articles 28 (sous-traitant) et 32 (sécurité) — CNIL, consulté le 18 septembre 2026
- Responsable du traitement, sous-traitants : comment bien identifier son rôle ? — CNIL, consulté le 18 septembre 2026
- Travailler avec un sous-traitant — CNIL, consulté le 18 septembre 2026
- Sécurité : gérer la sous-traitance — CNIL, consulté le 18 septembre 2026
- Clauses contractuelles types entre responsable de traitement et sous-traitant — CNIL, consulté le 18 septembre 2026
- Guide de la sécurité des données personnelles (édition 2024) — CNIL, consulté le 18 septembre 2026
Questions liées
Le RGPD s’applique-t-il aux dossiers archivés ?
Oui. Un dossier archivé qui contient des données personnelles reste un traitement : la sécurité, la durée de conservation limitée et les droits des personnes continuent de s'appliquer jusqu'à la suppression effective.
Que faire si mon prestataire ne propose pas de contrat de sous-traitance ?
Demandez-le par écrit. Sans contrat comportant les mentions de l'article 28, la relation n'est pas encadrée comme l'exige le RGPD. Faites-vous accompagner (délégué à la protection des données, conseil) pour régulariser la situation ou changer de prestataire.